Timan
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Quand le Remix devient d’abord politique

Remix, sampling, reconstruction sonore, des termes qui appartiennent d’abord à la musique.

Aujourd’hui si vous tapez remix dans Google, Big Brother vous proposera comme premier lien remix - politique. Cette exercice est devenu une véritbale discipline au point que le remix politique a droit à sa page sur Wikipedia.

Retour aux racines…

Le Remix art, de modifier un morceau, a est nait dans les sound systems JamaÏcains. Au début des années 70, les DJ’s de l’île qui a vu naître le reggae s’amusaient à revisiter les versions originales des tubes de l’époque en y collant leur flows et leurs gimmicks. Certains devinrent plus célèbres que les groupes qu’ils mixaientt, sans conscience qu’il posait là les bases de la sono-mondiale.

La communauté Jamaïcaine expatriée à New-York perpétua cette pratique dans les Blocs Partys de Brooklyn. Les Hip Hop était né et avec lui le recyclage infini du sons.

Dans les années 80 les producteurs Hip-Hop Double Dee et Steinski sorte une série de mix-tape (Lessons 1-3) où ils révolutionnent l’art du remix en bricolage sonore à grand coups de samples. Les deux compères recyclent tout ce qui passe sur leurs platines et balayent les frontières de styles musicaux. Tout peut désormais être samplé, remixé, transformé. Jusqu’en 2008 la musique de Steinski et Double Dee est illégal, impossible de la sortir sur CD à causes des droits d’auteurs.

Derrière ce travail musical se dessine un travail politique. Le remix c’est l’art du double discours, une manière de révéler ce qui est caché, de transformer, un art de détournement.

Politique on the Mix

France, 1985, les Béruriers Noirs, ces punks qui aiment les machinent sortent Porcherie. Hymne anti-fachiste qui fera date, le morceau commence par une phrase de Jean Marie Le Pen. Extraire une phrase politique, une séquence d’actu pour introduire un morceau devient courant dans le milieu du Rock Alternatif. Dans les années 90 des groupes comme La Mano Negra ou Zebda s’en servent comme accroche pour plusieurs de leurs morceaux. C’est le début du Remix Politique.

En plus de 20 ans les machines à faire du son ont évolué. A l’ère du haut débit et du numérique la pratique du remix se démocratise.

Le remix va désormais s’attaquer au plus beau des doubles discours, à ce qui peut se recyler sans fin le discours politique.

Exemple fondateur, le Sarko Skanking par les désormais célèbres Polemix et la Voix Off:

Le genre fait des émules, bidouilleurs sonores, les groupuscules, décrypteurs anonymes se multiplient sur la toile. Le but n’est pas d’informer mais de pousser l’art de la désinformation à son paroxysme. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Quand les politiques recyclent leurs idées et leurs discours…

… Les remixeurs se délectent à découper, triturer pour montrer l’absurdité d’une parole temporelle et donc vide de sens.

Le bidouille art, groupe anonyme livre quelques perles de cette pratique sur son myspace. Tout est bon à être samplé, zapping sonore, la mise en son devient mise en perspective à chacun de se faire son idée…

http://www.myspace.com/lebidouilleart

Art illégal ou satirique ?

L’article 226-8 du code pénal condamne (jusqu’à 100 000 Fr.(environ 15000€) ) tout montage utilisant voix ou image d’une personne sans son consentement. Le Remix Politique est donc une pratique illégal dans notre pays.

Sa pertinence et son aspect ouvertement satyrique le ferait penché vers la caricature. Jusqu’à aujourd’hui aucun Remix Politique n’a fait l’objet de poursuite devant la justice. Jusqu’à quand ? Affaire à suivre…

Tuesday January 5th
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